Former en visioconférence et impliquer ses apprenants

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Impliquer ses apprenants en visioconférence : conseils concrets avec Julien Kamité
Dans ce webinaire, Julien Kamité, consultant en formation et formateur de formateurs, nous partage ses meilleurs conseils pour rendre les formations en visioconférence dynamiques, interactives et impactantes. Passionné de pédagogie, Julien a commencé son parcours comme formateur BAFA en parallèle de ses études d’ingénieur. Il a ensuite multiplié les expériences : formateur en association, facilitateur de la Fresque du Climat, formateur indépendant, responsable pédagogique dans un organisme de formation... Autant de rôles qui l’ont amené à observer les pratiques de dizaines de formateurs et à modéliser les facteurs clés d’une formation réussie. Son approche, nourrie de terrain et d’andragogie, se veut structurée, pragmatique et joyeuse.
Pourquoi la formation en visio est un vrai sujet ?
La visioconférence change profondément la façon de concevoir une formation. Si on veut créer une expérience d’apprentissage engageante, il faut repenser les outils, les interactions, le rythme… et surtout ne pas simplement transposer une formation présentielle à distance.
La visio exige une pédagogie plus active, un soin particulier à l’environnement numérique, et un vrai travail de préparation pour garder l’attention des apprenants. L’un des pires pièges : l’écran noir, quand plus personne n’active sa caméra ou son micro. Une situation frustrante pour les formateurs… et décourageante pour les participants.
Repenser la formation : objectifs, interactions et environnement
Former à distance, ce n’est pas copier-coller une animation classique. Le rythme, les activités, la posture du formateur doivent être adaptés au format visio. Voici quatre piliers essentiels à toute formation, qui prennent encore plus d’importance à distance :
- Des objectifs pédagogiques clairs : il ne s’agit pas simplement de « faire passer » un contenu, mais de guider chaque apprenant vers des compétences précises. Même en visio, ces objectifs doivent être pensés et explicités.
- Un déroulé pédagogique adapté : le rythme et les étapes de la formation doivent prendre en compte la fatigue liée à l’écran, la concentration fluctuante, et le besoin d’interaction fréquente.
- La qualité d’interaction : c’est le ciment d’un groupe apprenant. Julien insiste sur l’importance de multiplier les occasions d’échange, de feedback et de participation active, même (et surtout) à distance.
- Un environnement d’apprentissage fluide : cela inclut la simplicité d’accès aux outils, leur prise en main, mais aussi la manière dont ils servent l’expérience globale. En visio, l’environnement est numérique — mais il n’en reste pas moins central à la réussite pédagogique.

Outils utiles en formation à distance
Voici une typologie d’outils en fonction des types d’interactions souhaitées. Cette classification permet aux formateurs de choisir en connaissance de cause, en alignant leurs outils sur leurs intentions pédagogiques :
- Outils visio : Zoom, Meet, Glowbl… Ces plateformes sont incontournables pour la formation à distance. Julien insiste sur l’importance de maîtriser leurs fonctions avancées comme les salles en sous-groupes, le partage d’écran, ou encore l’annotation en direct. Bien utilisées, elles permettent de structurer la session et de favoriser la dynamique de groupe.
- Outils d’interaction rapide : Pratico, Wooclap, Mentimeter, Slido… Ils permettent de sonder les participants en temps réel, de recueillir leurs idées ou de rythmer la session par des quiz ou des nuages de mots. Ce sont d’excellents moyens de stimuler l’attention et d’inviter à la participation, même chez les plus discrets.
- Tableaux blancs collaboratifs : Pratico, Miro, Mural, Klaxoon… Ces espaces visuels permettent à tous les participants de contribuer simultanément à une production commune. Julien souligne leur intérêt pour encourager la collaboration, parfois plus efficacement qu’en présentiel. Ils permettent également d’ancrer visuellement les échanges et de garder une trace partagée du travail.
- Documents partagés : Google Docs, Framacalc… Ils sont utiles pour la co-construction de contenus, que ce soit en direct (synchrone) ou de manière différée (asynchrone). Ils offrent une grande souplesse pour organiser des restitutions, des synthèses ou des exercices collaboratifs.
Un point clé : anticiper les transitions entre les outils. Chaque bascule représente un changement d’environnement, potentiellement déstabilisant. Il recommande de préparer ces moments avec soin, de les ritualiser, et surtout d’accompagner les participants pour éviter toute friction technique.
Conseils de rythme et d’organisation
Voici plusieurs bonnes pratiques issues de son expérience de terrain pour mieux structurer les formations à distance :
- Fractionner les temps longs : plutôt que de maintenir une session de 7h consécutives, il recommande de privilégier des formats plus courts comme 2 demi-journées ou 3 sessions de 2h. Cela permet de maintenir l’attention et de limiter la fatigue cognitive.
- Intégrer du travail individuel entre deux sessions synchrones : Julien encourage les formateurs à prévoir des temps d’application concrets entre deux classes virtuelles. Par exemple, donner un challenge ou un exercice à réaliser, puis débriefer ensemble ensuite. Cela favorise l’ancrage des apprentissages et le transfert dans la pratique.
- Soigner le démarrage : les premières minutes sont cruciales pour installer une dynamique. Créer un cadre clair, favoriser la prise de parole rapide et expliciter les règles de fonctionnement permet de créer un climat de confiance propice à l’apprentissage.
- Favoriser la spontanéité : Julien insiste sur l’importance de l’activation des micros et caméras, autant que possible. Cela facilite les échanges informels, renforce le sentiment de présence, et rend la formation plus vivante et incarnée.
- Maintenir un rythme vivant : l’attention en visio est fragile. Julien conseille de ne jamais dépasser 10 minutes de contenu descendant sans interaction. Cela peut prendre la forme d’un sondage, d’une question ouverte dans le chat, d’une activité en sous-groupe ou sur un tableau blanc collaboratif. Il partage une astuce simple : construire une frise temporelle de la session pour visualiser les temps actifs et passifs, et s’assurer qu’ils soient bien équilibrés.
En somme, l’organisation d’une formation à distance ne repose pas uniquement sur le contenu ou les outils, mais aussi sur la qualité de l’expérience vécue par les apprenants. Il est essentiel de concevoir des parcours bien pensés, respectueux du rythme de chacun, et dans lesquels les participants sont acteurs à chaque étape.

Le bon outil au bon moment
Attention au choix de certains outils. Par exemple, un quiz Kahoot peut dynamiser un groupe… mais peut aussi détourner l’attention des vrais objectifs si l’animation n’est pas bien pensée.
L’important n’est pas l’outil en lui-même, mais la manière dont on l’utilise. Comme le dit Julien, « chaque outil, c’est comme changer de salle : il faut accompagner la transition et s’assurer que tout le monde est à l’aise ».
Conclusion : oser et expérimenter
La formation en visio ne doit pas être une contrainte : c’est une opportunité de réinventer ses parcours pédagogiques. Julien encourage les formateurs à tester, à se tromper, à ajuster. Car c’est en essayant qu’on trouve les formats qui nous correspondent et qui répondent le mieux aux besoins des apprenants.
« Décomplexez-vous. Testez des choses. Et surtout : amusez-vous. »
Pour aller plus loin
📘 Julien propose un guide gratuit pour concevoir sa formation selon les principes du Big Five.
🎥 Il anime aussi des webinaires sur LinkedIn autour de la pédagogie et de l’innovation en formation.
🔗 À suivre sur :
- LinkedIn : Julien Kamité
- Site web : big5formation.com
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